ChatGPT et l’extinction douce de l’effort : retour sur une étude du MIT

Cela fait un peu moins de six mois que j’utilise ChatGPT pour explorer des idées que j’ignorais, des sujets que je maîtrisais mal ou que je souhaitais éclairer d’un jour nouveau. Le 19 juin 2025, le MIT a publié une étude à la fois actuelle, critique et stimulante, qui questionne notre rapport – et donc le mien – à l’IA la plus utilisée du moment : ses apports, ses méfaits, et, plus que jamais, ce qui constitue un bon ou un mauvais usage de cet outil phare du début du XXIe siècle. L’étude a fait grand bruit et a été reprise par des dizaines de sites. Pour contextualiser : l’étude a réuni 54 participants volontaires répartis en trois groupes :

  • Le premier sans aide, « à l’ancienne« , avec pour seules ressources les livres et les discussions humaines. ;
  • Le second pouvait utiliser un moteur de recherche classique. ;
  • Enfin, le troisième bénéficiait de l’assistance d’une intelligence artificielle.

Résultat : les utilisateurs de ChatGPT présentaient une baisse allant jusqu’à 55 % de connectivité cérébrale, notamment dans les zones liées à la mémoire de travail et à la structuration des idées. Plus troublant encore, 83 % d’entre eux étaient incapables de citer un extrait de leur propre texte, signe d’une assimilation minimale.

Ce phénomène d’externalisation cognitive ne disparaît pas facilement car même après avoir cessé d’utiliser l’IA, l’engagement cérébral demeure affaibli. Si l’outil permet une production rapide et fluide, il peut aussi, selon les auteurs de l’étude, anesthésier l’effort intellectuel profondsans que l’utilisateur ne s’en rende compte. On croit avoir pensé… mais on s’est surtout contenté de valider. Et forcément, je m’y retrouve.

La préoccupation principale de l’étude réside donc dans cette tendance douce à l’externalisation de la pensée — cette manière insidieuse de croire que l’on a élaboré une idée alors qu’on s’est simplement contenté de valider une suggestion bien tournée. J’y crois parfois, moi aussi. Mais je m’efforce de me remettre en question régulièrement : c’est, à mes yeux, la seule manière de ne pas céder aux chants des sirènes numériques. L’étude, dans le fond, ne dit pas : « n’utilisez pas ChatGPT« . Elle met avant tout en garde : si vous l’utilisez à la place de votre effort, vous perdrez. Mais si vous l’utilisez en appui à cet effort, vous pouvez en sortir grandi. Sorti de l’excitation de la découverte, j’ai ressenti la même crainte que n’importe qui… mais grandir, m’améliorer, progresser — c’est évidemment mon objectif. Pourtant, je dois l’admettre : il m’arrive de trébucher. L’IA me tend parfois un paragraphe d’une justesse limpide, si bien construit que je me dis : “que pourrais-je ajouter ? C’est exactement ce que j’attendais.” La tentation de m’en contenter est bien réelle. Et je l’ai fait…

L’externalisation cognitive 

Ce que l’étude pointe, ce n’est pas tant l’aide elle-même qui serait problématique, mais le glissement qu’elle peut provoquer : celui où l’utilisateur cesse de s’engager pleinement, cognitivement. C’est là que la mémoire de travail et l’organisation des idées s’atrophient doucement., Ce que j’appelle un investissement cognitif plein, c’est ce moment rare et précieux où l’esprit est mobilisé dans son intégralité. Pas de distraction, pas de raccourci. Comprendre, créer, douter, réécrire, affiner. Écrire une phrase, la relire, en douter, la réécrire. Tenter de faire se rencontrer deux idées a priori incompatibles. Résister à la facilité d’un résumé prémâché ou à la tentation d’une formule toute faite. Ce n’est pas facile. Mais c’est ce que j’essaie de viser. Soyons honnête : je n’ai pas attendu l’IA pour avoir un rapport parfois flottant à cet engagement total. Avant son émergence, je ne faisais pas systématiquement preuve d’une discipline intellectuelle parfaite. J’alternais, comme beaucoup, entre des moments d’effort sincère et d’autres, plus dispersés, où je me laissais porter. Je ne dirais donc pas que l’IA m’a dégradé. Elle a simplement rendu plus visible – et plus risquée – cette tendance à voguer entre concentration et facilité.

L’autre crainte est, sous l’effet d’une production massive, de ne plus assimiler les contenus générés (ou de mal les assimiler). Personnellement, quelle que soit l’intervention de l’IA, que j’essaie de rendre la plus transparente possible dans mes propositions, je me relis trois ou quatre fois. Déjà parce que, comme je l’ai expliqué, le but de ce blog est dans le fond assez égoïste, mon objectif étant d’assimiler et d’acquérir des connaissances, comprendre le monde qui m’entoure et jouir de la pluralité de pensées. J’essaie donc de m’approprier ce qui est produit. Mais le pire selon l’étude, et je la rejoins tout à fait, c’est l’effet pervers lié au fait que l’on ne se rend pas compte de cette perdition…

La déperdition invisible 

Ce que montre l’étude, c’est que la perte induite par l’IA est confortable. On produit. On orchestre. Et, comme par magie, un texte fluide, structuré, limpide prend forme. Un texte d’une certaine qualité, surtout d’une clarté redoutable. Et cela donne l’impression — flatteuse — d’avoir vraiment créé quelque chose. Dans mon cas, une fois le point final posé, je prends du recul. Je m’interroge : quelle est la part de moi, quelle est celle de l’outil ? J’essaie d’être honnête. Mais cette honnêteté reste perfectible. Je garde toujours à l’esprit — ou du moins j’essaie — que mon objectif n’est pas de passer pour un essayiste en quête de reconnaissance. Ce que je vise, c’est d’apprendre, de comprendre, de m’élever intellectuellement. Pourtant… j’aime écrire. J’y prends goût. J’y mets du style, du rythme, de l’intention. Et j’espère, si retour il y a, qu’il porte autant sur le fond que sur la forme. C’est là que naît une certaine ambiguïté. Une ambiguïté envers l’outil, mais aussi envers moi-même. J’avance dans cette aventure d’écriture et de réflexion avec un sentiment mêlé d’enthousiasme et de prudence. Je sais que je peux facilement me perdre. Alors je veille. Je garde un œil — métaphorique mais tenace — sur ce point d’exclamation rouge qui flotte dans mon esprit, me rappelant qu’il faut rester lucide.

L’étude le dit bien : l’IA ne cherche pas à nous abrutir. Mais elle peut nous anesthésier. Et cela, je ne le veux pas. Quand l’IA me propose un texte tout fait à partir de quelques échanges d’idées, je fais souvent une pause. Je lui en parle, presque comme à une partenaire. Elle me répond que cela fait partie de son mode de fonctionnement, qu’elle comprend mes réserves. Alors, je demande une mise à jour, une correction de trajectoire. Cela semble fonctionner — temporairement. Mais le danger persiste. Et s’il y a un biais qui me semble fondamental à corriger, ce n’est pas tant la complaisance que la délégation absolue. C’est, à mes yeux, le risque le plus grave.

L’IA comme miroir culturel et thérapeute involontaire

En ce moment, je travaille sur un texte revenant sur mon expérience avec la culture japonaise entre 2004 et 2010. Le hasard m’avait alors mis face à l’une des cultures les plus éloignées de la mienne. Naïvement, je pensais qu’en apprenant la langue et en assimilant quelques concepts culturels de base, cela suffirait à me fondre dans le décor. Mais le Japon impose un sous-texte social d’une densité vertigineuse. Pendant longtemps, j’ai vécu cette expérience comme un échec. Une synthèse amère s’était dessinée dans mon esprit : celle d’une société que je jugeais, à tort ou à raison, sociologiquement malade. Et puis, récemment, grâce à l’IA, j’ai redécouvert cette période à travers un autre prisme. Comme une thérapie par la compréhension différée. J’ai mis des mots sur des choses que je ne comprenais pas. J’ai découvert des concepts — parfois simples, parfois complexes — dont personne ne m’avait parlé à l’époque.

Ce moment où l’on “sent” qu’il faut se taire. Cette stratégie d’effacement personnel pour préserver l’équilibre collectif. Ces mille gestes silencieux qui balisent l’interaction. Tout cela m’apparaît aujourd’hui plus clairement. Et cela confirme, sans amertume, que je n’aurais jamais pu vivre là-bas, malgré ce fantasme que j’ai nourri pendant longtemps. Même sur la langue elle-même, j’ai énormément appris grâce à l’IA : nuances de registre, étymologie des particules, psychologie derrière les constructions syntaxiques… Elle m’ouvre les coulisses. Elle explique ce qui reste implicite dans les livres et souvent dans les conversations. Elle donne accès à cette dimension latente des cultures, de n’importe quelle culture. Et cela, pour moi, c’est fascinant. Mais ce qui me captive tout autant, c’est la capacité de l’outil à créer des passerelles. Entre des idées éloignées. Entre des champs que je croyais incompatibles. Parfois, il s’agit de connexions déjà formalisées par des penseurs. Parfois non. Et c’est ce surgissement, cet éclair inattendu entre deux pôles de pensée, que je trouve grisant.

Ma méthode : déléguer sans se dissoudre

Il y a quelques mois, j’avais déjà esquissé les grandes lignes de ma manière de collaborer avec l’IA. Depuis, j’ai toujours cherché à conserver la plus grande part du travail entre mes mains. Comme le craint le MIT, le glissement vers une délégation totale est insidieux et silencieux. Je dois donc, régulièrement, tempérer les ardeurs de l’outil pour reprendre le contrôle du processus. C’est exigeant. C’est parfois fatigant. Mais c’est, à mes yeux, indispensable.

Il m’est arrivé de sonder l’IA pour dégager des idées — cela peut être fécond. L’un des exemples les plus marquants fut le sujet de l’hyperstition, que je n’aurais peut-être pas croisé aussi tôt. Mais la plupart du temps, ce sont des rencontres fortuites qui nourrissent mes curiosités. Comme ce mot étrange, « ultracrépidarianisme », soufflé récemment par ma compagne et que je vais exposer ici très bientôt. C’est stimulant de se dire qu’il reste autant à découvrir, et qu’on peut déployer un sujet en quelques heures… alors qu’autrefois, il aurait fallu s’isoler plusieurs jours.

Mais ce que je délègue presque systématiquement, c’est la construction de plan. Cela me fait gagner du temps. Mais ces plans, je les remanie toujours trois ou quatre fois : il y a toujours un parallèle inattendu à glisser, une transition à affiner suite à un échange de dernière minute. Puis, j’introduis concepts et pensées, en m’aidant souvent de l’IA à ce stade. Je n’ai pas la prétention d’être omniscient, et certaines disciplines, comme la philosophie, m’intimident autant qu’elles me passionnent. Si je laissais faire l’IA, elle me produirait — à partir du plan final — un texte tout clinquant, propre, fluide, et prêt à publier. C’est systématique. Mais ce n’est pas ce que je cherche. Je préfère avancer seul, au moins dans un premier temps. En cas de doute de formulation, je consulte. Mais je veux réduire la béquille au strict nécessaire. Et si vraiment je suis bloqué, je demande à l’IA de me poser des questions. L’exercice est passionnant : elle écrit sur la base de ma perception, ce qui me permet d’explorer sans renoncer à l’inconfort du questionnement.

J’avoue ne plus utiliser les moteurs de recherche classiques. Les dernières fois, cela m’a déçu : les résultats ne collaient pas à mes attentes. Bien sûr, c’est plus simple dans l’absolu — Google est souvent prêt à l’ouverture du navigateur, les réponses sont immédiates. Et l’avantage reste qu’on y trouve, malgré les biais sponsorisés, les résultats les plus pertinents. Avec l’IA, la pertinence est à l’aveugle. ChatGPT lui-même avertit qu’il peut se tromper, et recommande de croiser les sources. Vieille règle du journalisme. Je le fais… trop peu alors que j’ai un parcours journalistique, ironique non ? Mais lorsque je m’y suis résolu, sur des sujets un peu trop farfelus, j’ai souvent constaté que l’IA avait vu juste. Reste qu’un savoir centralisé est aussi confortable… que dangereusement auto-suffisant.

Enfin, dans le cadre de mon blog, je délègue volontiers certaines tâches que je juge ingrates : rédiger l’extrait de l’article (celui qui s’affiche sur la page d’accueil), suggérer des mots-clés, compiler une liste de sources. J’ai aussi calibré avec l’IA le format de mes encarts et tableaux. Je ne code rien, par choix. J’aurais pu apprendre, bien sûr. Mais la vie est une succession de renoncements assumés. Je ne sais pas si j’oublie des éléments… et pour le fun, j’ai demandé à ChatGPT, honnêtement, quelles parties je délègue le plus :

🔧 Domaine 📌 Nature de la délégation
🗂️ Structuration Création de plans, organisation logique des idées, ajustement des transitions
✍️ Mise en forme Reformulation, clarté stylistique, fluidité syntaxique, dosage du ton
🧩 Éclairage conceptuel Définition de notions, apports théoriques ponctuels, vulgarisation de concepts complexes
🈶 Accompagnement linguistique Reformulation japonais/français, analyse de phrases, aide à la lecture, enrichissement lexical et culturel
📄 Synthèse documentaire Résumé d’études (comme celle du MIT), décodage de podcasts, lecture commentée de fichiers PDF
🧱 Présentation Encarts, tableaux, formats HTML, suggestions de hiérarchisation visuelle
🧭 Méta-écriture Propositions de titres, extraits, introductions, conclusions, mots-clés
💡 Catalyseur réflexif Génération de questions, reformulations alternatives, relances de réflexion
🔍 Relecture technique Orthographe, grammaire, ponctuation, cohérence typographique
🌏 Polyglossie réflexive Travail actif en français, japonais et anglais — analyse croisée, enrichissement lexical, sens contextuel
⚖️ Ce que je ne délègue pas : l’idée initiale, la volonté de dire, le doute méthodique, l’engagement dans la pensée.

Je ne suis qu’un modeste curieux en phase avec son époque 

J’ai fait des études. Deux licences longues de trois ans. Et j’en suis fier — non pas pour ce que cela représente sur un CV, je ne les valorise que très peu, mais parce que je ne pensais pas en être capable. Ce fut un défi personnel, mené dans une précarité que je n’étais plus censé affronter à ce stade de ma vie. Je m’y suis mis tardivement, avec une forme d’urgence. Aujourd’hui, je n’exerce (plus) aucun métier en lien avec ce que j’ai étudié. Mais mes études m’ont offert quelque chose de plus essentiel encore : elles m’ont appris à réfléchir. À douter. J’ai toujours été curieux, mais ce parcours scolaire a structuré et renforcé en moi cette volonté de m’élever intellectuellement, autant que possible.

En parallèle, je me considère comme un autodidacte engagé, multidisciplinaire, animé par une forme d’appétit encyclopédique — en toute humilité. Je n’atteindrai jamais ce statut, bien sûr, mais il m’offre une direction. Une tension motrice. Et dans cette démarche, je n’ai aucun intérêt à ce que l’IA me remplace, m’endorme, ou me dépossède. Je refuse catégoriquement de collaborer en mode automatique.

Ce que je cherche, ce n’est pas de me laisser porter, mais de grandir avec discernement. Et c’est pourquoi je remercie le MIT, et d’autres chercheurs critiques, pour leur vigilance. Leur travail nous rappelle que penser est un effort. Et que les outils qui prétendent nous y aider ne doivent jamais nous dispenser de l’essentiel : l’engagement de l’esprit. Si vous êtes curieux de voir l’étude complète, elle est, bien entendu, sur le site officiel du MIT sous le titre anglais « Your Brain on ChatGPT of Cognitive Debt when Using an AI Assistant for Essay Writting Task« .


Charte de transparence IA

🧠 Idée : 100 % humaine

📁 Structure : j’ai juste échangé sur l’étude avec l’IA, les chiffres, les enjeux

✍️ Rédaction : humaine principalement… relecture par l’IA

🎨 Illustration : générées à 100 % par IA

Intervention globale de l’IA estimée : 10 %


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2 responses to “ChatGPT et l’extinction douce de l’effort : retour sur une étude du MIT”

  1. Avatar de kaika

    Bonsoir,

    J’apprécie souvent vos textes surtout que vous n’hésitez pas à expliquer votre méthode de travail et de recherche. Je me permet de rebloguer ce texte sur mon blog pour le partager.

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    1. Avatar de Gael Barzin

      Bonjour,

      Je m’étais promis de répondre à votre message, et puis le tumulte du quotidien a pris le dessus. Toutes mes excuses pour ce retard. Et surtout : merci.

      Votre retour m’a vraiment fait plaisir, d’autant que vous avez saisi un point auquel je tiens beaucoup : la transparence dans ma façon d’écrire. J’essaie de ne jamais me laisser totalement happer par le chant hypnotique — et parfois séduisant — de l’intelligence artificielle. Ce n’est pas toujours simple.

      Si je devais donner un chiffre, je dirais que j’essaie de ne pas dépasser 50 % d’assistance dans mes textes. Parfois c’est bien moins, parfois un peu plus. Mais c’est une vigilance constante : l’IA peut très vite prendre plus de place qu’on ne le croit.

      C’est une boîte de Pandore que j’ai ouverte à mes risques et périls et que j’ai en partie apprivoisée, mais à laquelle je continue de me mesurer. Et c’est aussi pour cela que vos mots me touchent : parce qu’ils montrent que ce travail-là, cette tension invisible, peut se percevoir. Je fais une petite fixette sur ce que m’apporte l’IA et ce que j’arrive à faire émerger… c’est encore le cas sur le dernier sujet paru à l’heure de ces quelques lignes : Délégation cognitive : externaliser l’esprit, mais à quel prix ?. Merci encore de me suivre. 😉

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Le Rédacteur Moderne est une proposition simple — presque artisanale — née d’un besoin personnel : mettre des mots sur l’absurde, gratter le vernis du monde, et tenter de comprendre un peu mieux ce qui nous traverse.

J’y partage, sans prétention mais avec sincérité, des essais critiques, des fictions d’anticipation, et des réflexions sur l’éthique, la conscience, les tensions de notre époque.

J’explore les tensions entre lenteur et modernité, en mobilisant à la fois la pensée humaine et les outils technologiques contemporains — notamment l’intelligence artificielle, qui m’accompagne comme sparring-partner intellectuel.

Si ces fragments de pensée peuvent résonner avec d’autres, tant mieux. Sinon, ils m’auront au moins permis de rester un peu plus vivant.

— Gaël Barzin

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